.bad day.

.
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
LE FORUM EST ENFIN OUVERT I love you

Partagez | 
 

 Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience ♣ Sacha (100%)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Eh mais c'est Invité !
Invité



MessageSujet: Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience ♣ Sacha (100%)   Dim 4 Juil - 18:31

ELISABETH DE VASSELOT DE RÉGNÉ


    ÊTRE SACHA C'EST
    avoir 24 ans •• être né(e) à Paris le 31 décembre •• être mariée •• être du XVI arrondissement •• vivre à Paris depuis toujours •• être créatrice, originale, naïve, impuissante, trop bien éduquée, fragile, belle, douce, nostalgique, passionnée, très mature, fumeuse... •• souffir du situs inversus totalis •• avoir été anorexique plusieurs années

    favorite book ; L'élégance du hérisson ♣ favorite song ; Wild World de Cat Steven ♣ passe-temps ; jouer du piano et dessiner ♣ métier ; photographe ♣ favortie colour ; le orange ♣ favorite space in paris ; le café de Flore


Je sais ce que tu te dis, cher lecteur attentif qui a déjà dévoré des yeux le début de ma fiche et découvert le pot aux roses. Pourquoi elle a dix mille noms ? Pour elle s’appelle de Vasselot de Régné et on l’appelle de Saint André ? C’est quoi toutes ces particules à la con dans son nom ? Pourquoi elle se fait appeler Sacha alors qu’elle s’appelle Elisabeth ? Pourquoi elle est mariée à 24 ans ? Pourquoi elle vit toute seule, alors ? Tsss…. Calme toi et vas plus doucement, elle est encore jeune la petite Sacha mais quand même, elle peut pas répondre à ton ça en même temps… Et puis laisse moi commencer par le commencement, aussi !

Ma mère s’appelait Adélaïde Dupin, c’était une jeune femme stricte et sèche, qui tomba follement amoureuse, alors qu’elle avait à peine vingt ans, d’un descendant des de Vasselot de Régné, une famille de grande noblesse attachant énormément d’importance aux traditions. De leur aventure naquît une petite fille –moi- qu’on appela Elisabeth. Cette petite fille ne fut pas reconnue par son père, car illégitime. Ma mère, qui rêvait de gloire et de reconnaissance, en fut profondément vexée et se consola dans les bras de Marcel de Saint André, qu’elle rencontra quelques semaines après ma naissance. Celui-ci, fol amoureux, décida de me reconnaître comme étant sa fille. Je vécue ainsi une enfance heureuse aux côtés de mon père adoptif, il me considérait comme sa propre fille et ne faisait aucune différence avec ses deux autres enfants, qu’il eut avec ma mère après ma naissance. Pour ma mère, c’était différent, nos relations étaient plutôt difficiles, surtout que ce n’était pas quelqu’un de très maternel, bien au contraire. Grande, maigre, sèche, son existence se limitait à sa famille qu’elle éduquait d’une main de fer et à l’entreprise qu’elle dirigeait avec mon père. Car oui, mes parents étaient très riches, très très riches, en partie grâce à la famille de mon père, les de Saint André, et à l’entreprise familial dont il avait repris la direction. Je menais un une existence comme toutes les petites filles de mon âge, me passionnant d’abord pour le dessin, puis, vers le lycée, pour la photographie et l’art. Mon bac en poche -à Henry IV, cela va de soi- je m’inscrivis à la Sorbonne, section histoire de l’art. Quelques mois après mon entrée à la Sorbonne, mon père décéda brutalement d’un arrêt cardiaque. Il était malade depuis plusieurs mois mais nous l’avait caché, sa disparition fut donc un énorme choc. La vie reprit difficilement son cours, ma mère quant à elle ne changea rien de ses habitudes, mon père et elles avaient depuis bien longtemps cessé toute relation intime, ils ne restaient ensemble que par obligation, mais tout le monde savait que mon père allait bien souvent voir ailleurs. Deux ans passèrent, je décidais d’entrer à Louis Lumière, l’école de photo, après ma licence en histoire de l’art. C’est à ce moment là que tout se cassa la gueule, et que ma petite existence paisible en prit un sérieux coup.

Ma mère, je vous l’ait déjà dit, rêvait de gloire et de reconnaissance, mais, surtout, rêvait de titre et de noblesse. C’est pourquoi elle m’annonça, un peu mois d’un an après la mort de mon père, que j’allais épouser un des enfants Vasselot de Régné. Ce fut la douche froide. Si vous êtes attentif, vous aurez remarqué que Maximilien est, en effet, un cousin éloigné à moi. Ca vous choque ? Et bien ça ne devrait pas, c’est comme ça que ça marche, dans les vieilles familles françaises. On ne s’embête pas avec ce genre de détail, un bon parti est un bon parti, et j’en étais un, avec la petite fortune que m’avait laissé mon père. Evidemment, moi, à cette annonce, je refuse catégoriquement, je gueule, je menace de partir, mais je sais très bien, au fond de moi, qu’il n’en sera pas autrement que ce qu’elle aura décidé pour moi. Car je suis restée une petite fille sage bien trop longtemps, et il est trop tard, à vingt-et-un an, pour se rebeller contre sa propre famille. Je suis fataliste, elle m’engrène, me ment, me force, elle use de tous les subterfuges et je finis par accepter. Je ne comprends toujours pas pourquoi j’ai dis oui, devant le maire puis devant le prêtre. Un seul mot, de trois lettre, mot microscopique, uni syllabique, qui m’a condamné à une existence morne pour bien longtemps.

Maximilien n’était pas bien méchant, mais il était comme tous ceux de sa famille : intéressé par l’argent, obsédé par ses aïeuls et sa descendance, et, surtout, pas amoureux pour un sou. Il était plutôt beau, et peut-être même qu’en d’autres circonstances, il m’aurait plu. Mais là, je ne voyais en lui qu’un ennemi de plus, je me sentais seul face à toutes ces têtes à particule, seule et malheureuse. Mon père me manquait et je comprenais que si ma mère n’avait pas essayé plus tôt de me marier, c’est parce qu’il avait été là pour me protéger. Maintenant qu’il n’était plus là, je me sentais vulnérable, et incapable de protester. Ma vie reprit donc son cours, dans un immense appartement parisien, aux côtés de cet homme que je n’avais pas choisi. Je poursuivis coûte que coûte mes études, et bien qu’il ne voyait pas ça d’un très bon œil, il ne dit rien, et me laissa faire. Très vite il parla de faire des enfants, cette idée me terrorisait, je refusais l’idée de faire un enfant avec un homme que je n’aimais pas, et, surtout, de coucher avec lui. Il ne tarda pas à essayer, cependant, et je me rendis compte que le fameux Maximilien n’était pas aussi gentil qu’il n’y paraissait. Non, en fait il était comme les autres, rien de plus, rien de moins. Comme les autres. Peut-on parler de viol ? Après tout, c’est moi mari… Mais si ça n n’en est pas un, en tous cas il m’a bien forcé la main, et ne pas laissé d’autre choix. J’allais avoir vingt-quatre ans, et avais terminé mes études depuis seulement deux mois. Un soir il est rentré, m’a dit « Il serait temps qu’on pense à fonder une famille. Tu as terminé tes études, tu auras le temps de t’occuper d’eux ». J’ai halluciné. Seconde douche froide, glacée, même. Alors j’étais censée rester ici, à la maison, à m’occuper des enfants ? Je bouillais de rage. Jamais je n’accepterai d’avoir un enfant d’une ordure pareille. Voilà, le mot était lâché. Ordure. J’ai hurlé, comme avec ma mère, mais cette fois encore, ce fut inutile. Pour lui j’étais encore la petite fille d’antan, terrorisée par sa maman, qui avait du caractère mais qui était aussi bien naïve, et qui se laisserait faire sans rechigner. J’ai eu beau gueuler comme je pouvais, il n’en avait rien à foutre, il voulait un gosse parce que sa mère insistait, et tant pis si ça ne me plaisait pas. Alors il m’a forcé. Forcé à lui faire l’amour, forcé à tomber enceinte. Et moi je ne pouvais plus rien faire, j’étais impuissante, une nouvelle fois. J’avais beau me répéter « Pars de là, dégage tant qu’il en est encore temps, avant de tomber en cloque et d’être emprisonnée ici pour toujours ». J’avais beau me répéter ça, j’étais incapable d’agir, ma mère avait toujours été menaçante avec moi, j’avais été éduquée ainsi, formatée, je vivais comme au XVIIe siècle, je ne connaissais que ça, baignais là-dedans depuis toute petite.

Je suis partie. J’ai vingt-quatre ans, nous somme le cinq juillet 2010, il est midi trente-huit, et je suis partie. J’ai repris mon nom de jeune fille. Enfin, pas vraiment, je me fais de nouveau appeler ainsi, mais comme mon « mari » refuse toujours de divorcer, officiellement je m’appelle toujours de Vasselot de Régné. Désormais je travaille, dans un petit studio photo au cœur de Paris. Et j’habite une petite chambre sans fioriture, j’ai repris une existence simple loin de toute l’agitation, loin de ma famille. Ma mère me laisse des messages assassins sur mon répondeur toute la sainte journée, je les efface un par un. Petit à petit je m’échappe de son emprise, mais je sais que ce sera long. Cette histoire d’enfant est la goûte qui a fait déborder le vase, j’ai supporté tous les mensonges, le mariage forcé, les dîner d’affaire où je jouais mon piètre rôle, celui de « femme de » mais maintenant tout cela est finit. Je suis partie comme une petite souris, le lendemain de ce soir où tout a basculé, où Maximilien a montré sa vraie facette, celle de petit hériter vil et intéressé. Je me suis affranchie de tout cela, de ces histoires de noblesse, de vieilles France. J’ai repris ma vie, mais l’ai installée au XXIe siècle, époque des mariages heureux, des divorces et des remariages. La seule chose qui ne me quitte pas, c’est la trouille de tomber par hasard sur Maximilien, ma belle-mère, ou ma mère… Et qu’ils me fassent revenir en arrière. Mais je sais que cette fois, je ne me laisserai pas faire. La nouvelle Sacha est là, plus combative, moins naïve, moins défaitiste…

Voilà, je vous ai tout raconté, ou presque ; Ah, non, j’ai oublié de vous dire pourquoi on m’appelle Sacha, et non Elisabeth. En fait, c’est tout simple : Elisabeth c’est moche, c’est vieux, c’est long, c’est ringard, c’est…Voilà, vous avez compris. Je n’aime pas mon nom, alors mes amis m’appellent Sacha. C’est plus court, plus doux, et puis c’est un prénom masculin, et il paraît qu’il me va bien parce que je suis un peu garçon manqué. Androgyne dirons-nous. Et puis petit à petit tout le monde s’est mis à m’appeler comme ça, les profs, les amis, les collègues, mon papa…. Les seuls qui s’y refusent, ce sont ma mère et ma belle famille. Ceux qu me prennent pour une petite fille fragile qui a oublié de grandir, à qui l’on peut faire faire tout et n’importe quoi… Pour eux, je suis Elisabeth. De Vassalot de Régné.

Spoiler:
 


Dernière édition par E. Sacha de Saint André le Lun 5 Juil - 18:19, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Eh mais c'est Madeleine Pons-Escoffier !
MAD ♠ begin to make it better

◊ messages : 616
◊ avatar : Ellen Page
◊ crédits : GERONIMO THRILL
◊ pseudo : GERONIMO THRILL


MessageSujet: Re: Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience ♣ Sacha (100%)   Dim 4 Juil - 19:40

Bienvenue parmi nous I love you

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

JE VENDS TOUT CE QUE J'AI contre tout ce qui me manque. Je vends ce qui s'achète contre ce qui n'a pas de prix. Je vends ce que je vaux contre ce qui m'est le plus cher. Et si ça ne vaut pas un clou, tant pis, je donnerai tout.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eh mais c'est Invité !
Invité



MessageSujet: Re: Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience ♣ Sacha (100%)   Mer 7 Juil - 11:43

Merci à toi !
J'ai terminé ma fiche !
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Eh mais c'est Madeleine Pons-Escoffier !
MAD ♠ begin to make it better

◊ messages : 616
◊ avatar : Ellen Page
◊ crédits : GERONIMO THRILL
◊ pseudo : GERONIMO THRILL


MessageSujet: Re: Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience ♣ Sacha (100%)   Mer 7 Juil - 18:52

YEAAAAAH ELLE CASSE TOUT TA FICHE Je valide, à fond même. Elle a une histoire un peu glauque quand même, pauvre bichette

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

JE VENDS TOUT CE QUE J'AI contre tout ce qui me manque. Je vends ce qui s'achète contre ce qui n'a pas de prix. Je vends ce que je vaux contre ce qui m'est le plus cher. Et si ça ne vaut pas un clou, tant pis, je donnerai tout.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eh mais c'est Contenu sponsorisé !



MessageSujet: Re: Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience ♣ Sacha (100%)   

Revenir en haut Aller en bas
 

Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience ♣ Sacha (100%)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
.bad day. :: le silence sous la mer :: il y a là les mystères-
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit